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Voeux de M. le Président de la République aux Français![]() Mes Chers Compatriotes, L'année 2011 s'achève. Elle aura connu bien des
bouleversements. Depuis le début de la crise, qui en trois ans a
conduit à plusieurs reprises l'économie mondiale au bord de l'effondrement, je
ne vous ai jamais dissimulé la vérité sur sa gravité, ni sur les conséquences
qu'elle pouvait avoir sur l'emploi et sur le pouvoir d'achat. Cette crise qui sanctionne 30 années de désordres
planétaires dans l'économie, le commerce, la finance, la monnaie, cette crise
inouïe, sans doute la plus grave depuis la deuxième guerre mondiale, cette
crise n'est pas terminée. Elle a entraîné dans la tourmente des pays comme la
Grèce, l'Irlande, le Portugal, mais également des pays aussi puissants que
l'Espagne et même l'Italie. Dans la tempête, vous avez souffert. Je sais que la
vie de beaucoup d'entre vous déjà éprouvée par deux années difficiles a été une
fois encore durement mise à l'épreuve. Vous finissez l'année plus inquiets pour
vous et pour vos enfants. Et pourtant il y a des raisons d'espérer. Nous devons, nous pouvons garder confiance dans l'avenir. Car si tant de pays ont connu des difficultés insurmontables, la France a tenu. Elle a résisté.
Si elle a tenu, si elle a résisté, si elle a réussi
jusqu'à présent, à conjurer le doute qui déclenche la crise de confiance, c'est
grâce au courage et au sang-froid dont vous faites preuve depuis 3 ans, c'est
grâce à la solidité de nos institutions, c'est grâce à notre protection
sociale, qui garantit la solidarité dans l'épreuve, c'est grâce aux réformes
que nous avons accomplies ces dernières années. Je pense notamment à la réforme
des retraites et à toutes les mesures visant à diminuer nos dépenses publiques
qui ont permis à la France de garder la confiance de ceux qui lui prêtent leur
épargne pour financer son économie. Il ne s'agit pas de nier les difficultés que nous
traversons. Mais dans ces épreuves, la France a su préserver l'essentiel. Je
tiens à rendre un hommage particulier à toutes celles et à tous ceux d'entre
vous qui par leur travail ont contribué au développement de notre économie. Mes chers compatriotes, Nous devons être courageux, nous devons être
lucides. Ce qui se passe dans le monde, annonce que l'année
2012 sera celle de tous les risques mais aussi de toutes les possibilités. De
toutes les espérances, si nous savons relever les défis. De tous les dangers,
si nous restons immobiles. Différer les choix parce qu'ils sont difficiles est
la pire des options. Quand on décide trop tard, le prix à payer est plus cher.
Les souffrances plus grandes. En 2012, le destin de la France peut une fois
encore basculer. Sortir de la crise, construire un nouveau modèle de
croissance, faire naître une nouvelle Europe, voilà quelques-uns des défis qui
nous attendent. Je veux vous dire ma conviction qu'unis avec nos partenaires
européens, nous serons plus forts pour y faire face. Mais ces défis, ils s'imposent à nous. Nous ne
pouvons ni les refuser, ni les repousser. Nous ne pouvons ignorer ce nouveau
monde. Dans cinq mois, nous avons une élection
présidentielle. C'est une échéance importante. Le moment venu, vous ferez votre
choix. Mais d'ici là, je dois continuer à agir car l'histoire des décennies à
venir s'écrit maintenant. Avec le Premier ministre, nous réunirons le 18
janvier prochain, les représentants des forces économiques et sociales de notre
pays. J'écouterai les propositions de chacun et, avant la fin du mois de
janvier, nous prendrons et nous assumerons des décisions importantes, car les
enjeux sont cruciaux. La crise est grave, les circonstances sont
exceptionnelles, les décisions doivent être à la mesure de cette gravité. C'est
un devoir auquel je ne me déroberai pas. Je ne sous-estime pas les conséquences que peuvent
avoir sur notre économie les agences de notation et les emballements des
marchés financiers, ni non plus nos erreurs passées mais je le dis pour que
chacun l'entende, ce ne sont ni les marchés, ni les agences qui feront la
politique de la France. Au fond, la seule façon de préserver notre
souveraineté, de maîtriser notre destin est de choisir, comme nous l'avons fait
jusqu'à présent la voie des réformes structurelles plutôt que celle des
réactions à chaud qui ne font qu'ajouter à la confusion et au désordre sans
restaurer la confiance. Le problème posé n'est pas celui d'un nouveau train
de réduction des dépenses pour l'année qui vient. Ce qui devait être fait a été
fait par le Gouvernement. Maintenant, il nous faut travailler en priorité
pour la croissance, pour la compétitivité, pour la ré-industrialisation qui
seules, nous permettront de créer des emplois et du pouvoir d'achat. Trois sujets me paraissent dominer les autres. Nous ne nous en sortirons pas en laissant de côté
ceux qui souffrent déjà des conséquences douloureuses d'une crise dont ils ne
sont pas responsables. Nous ne bâtirons pas notre compétitivité sur l'exclusion
mais sur notre capacité à donner à chacun une place dans la Nation. C'est
pourquoi, ceux qui ont perdu leur emploi doivent être l'objet de toute notre
attention. Nous devons changer notre regard sur le chômage.
Faire en sorte que la formation des chômeurs devienne la priorité absolue, afin
que chacun puisse se reconstruire un avenir. Former et pas seulement
indemniser, tel doit être notre but. Personne ne doit pouvoir s'exonérer de
cette obligation ni être exclu de cette possibilité. Le deuxième sujet est celui du financement de notre
protection sociale qui ne peut plus reposer principalement sur le travail, si
facilement délocalisable. Il faut alléger la pression sur le travail et faire
contribuer financièrement les importations qui font concurrence à nos produits
avec de la main d'œuvre à bon marché. Ce sujet est au cœur de tous les débats
depuis des années. J'écouterai les propositions des partenaires sociaux puis
nous déciderons. Le troisième sujet, c'est celui des dérèglements de
la finance qui vous choquent d'autant plus profondément qu'ils sont largement à
l'origine des difficultés actuelles. Il faut faire participer la finance à la réparation
des dégâts qu'elle a provoqués. C'est une question d'efficacité. C'est une
question de justice. C'est une question de morale. La taxe sur les transactions
financières doit être mise en œuvre. Mes chers compatriotes, Mon devoir est de faire face et de vous protéger. Vous pouvez être sûrs que j'assumerai jusqu'au bout
et en totalité, les lourdes responsabilités que vous m'avez confiées et que je
n'aurai de cesse d'agir au nom de l'intérêt général. Chacun devra prendre ses responsabilités, c'est
pourquoi j'appelle tous les décideurs des entreprises et de l'économie à tout
faire pour préserver l'emploi. J'appelle tous les acteurs des services publics
à redoubler de prévenance pour tous ceux qui ont besoin de notre solidarité. Mes chers compatriotes, J'ai confiance dans les forces de la France. Je suis certain du chemin qu'il nous faut suivre. A vous, à tous ceux qui vous sont chers, à nos
soldats qui risquent leur vie hors de nos frontières, à leurs familles qui
vivent dans l'anxiété et à tous ceux qui dans le monde luttent pour la liberté,
j'adresse ce soir tous mes vœux de bonheur pour la nouvelle année. Bonne année à tous. Vive la République ! |
Jour de l'An 2012
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